Flirter avec la souffrance

Flirter avec la souffrance

“La souffrance est l’unique cause de la conscience.” –  Fiodor Dostoïevski

black_swan_2-600x338Il y a une prédisposition à la souffrance dans notre société qui est généralement acceptée et même encouragée. On a cette idée dans la tête que les gens qui souffrent sont des gens plus profonds, plus authentiques, plus romantiques, plus spirituels, limite plus intelligents.

Cet engouement pour la souffrance prend des dimensions absurdes, on est arrivé à un point où la souffrance est devenue normale et on affiche notre souffrance comme un badge d’honneur: Souffrir au travail est honorable, car ça montre qu’on fait un effort, souffrir dans le couple est admirable parce que c’est comme ça qu’on montre qu’on aime vraiment l’autre, souffrir dans l’art est le must, car si on est trop heureux on produit des oeuvres sans profondeur…
Faites le test: racontez vos misères en compagnie de plusieurs personnes, il y aura toujours une autre personne qui va enchaîner avec une histoire encore plus horrible. Ma souffrance est plus grosse que la tienne!

Le titre de noblesse de la souffrance vient du fait qu’elle est associée au sacrifice. Parce que le sacrifice est noble n’est-ce pas? Le sacrifice indique qu’on est capable de lâcher l’importance de sa propre personne pour une cause plus grande et plus juste que son simple ego, n’est-ce pas?
Voici quelques exemples courants: « Je me sens misérable, mais je sacrifie mon bonheur pour l’art » ou « Je n’ai pas l’opportunité d’enrichir ma vie, je sacrifie mon bonheur personnel pour mes enfants. » ou encore « Je n’ai pas le temps de m’amuser, je construis ma carrière professionnelle. »

Ce que je vois n’a rien d’admirable. Ce que je vois sont des personnes qui ont peur de vivre, qui ont peur de prendre des risques pour réaliser leurs rêves et qui ont trouvé l’excuse parfaite pour s’empêcher de prendre la responsabilité pour leur propre vie. 

Le non-sens de l’idéalisation de la souffrance

keira-knightley-hd-wallpapers-movies-448761988-600x375Arrêtons cette idéalisation absurde de la souffrance et affichons un peu plus notre bonheur. Pourquoi a-ton honte de notre bonheur? Parce qu’être heureux signifierait qu’on ait une vie un peu banale? Parce qu’on a peur de blesser ceux qui sont malheureux? 

La religion a bien fait son travail de nous con-vaincre du fait que la souffrance fait inévitablement partie de la vie et qu’elle est même indispensable pour chacun qui souhaite s’élever et grandir. Cette tradition de souffrance a été ensuite gaiement continuée par le système éducatif, l’industrie du travail et les gouvernements mondiaux, parce que le « sans sacrifice pas de gain » était par hasard un discours qui leur convenait très bien.

Si vous aviez encore un doute là-dessus: Vous n’avez pas besoin de souffrir pour devenir plus « spirituel » et la souffrance ne vous aide pas à grandir ou approfondir votre être. La manière dont vous gérez la souffrance peut vous aider à grandir, votre réaction après une blessure peut déclencher un changement positif dans votre vie, les prises de conscience après un choc peuvent élargir le champ de conscience. Mais la souffrance en soi n’a rien qui peut vous faire grandir, la souffrance n’est pas un terreau fertile pour une croissance personnelle. Si vous arrivez à avancer dans une période de souffrance, c’est MALGRÉ la souffrance, ce n’est pas grâce à la souffrance.

Ça ne veut pas dire que ce n’est pas essentiel de reconnaître la souffrance. Pour pouvoir l’évacuer, pour pouvoir la transformer on a besoin de voir nos blessures, de reconnaître les émotions qui nous font du mal. Si on les écoute, ces émotions déstructurantes (peur, colère, tristesse, désespoir, etc.) nous aident à identifier très précisément le lieu de notre blessure. Elles se manifestent pour nous demander de nous occuper de nous-mêmes et de commencer un processus de guérison.

jude-law-stw-600x448Se vautrer dans la souffrance serait une très mauvaise idée. Accrochez-vous à votre souffrance et elle compressera votre univers et fera en sorte que vous ne verrez plus rien en dehors de votre souffrance. Elle fera en sorte que souffrance devient votre nouvel état d’être, votre mode de fonctionnement et elle vous éloignera ainsi de votre coeur. Elle vous éloignera de plus en plus loin de votre source, jusqu’au moment que vous penserez ne plus avoir de source, jusqu’au moment que vous ne vous retrouvez plus.

La souffrance est une force qui ralentit la vie et elle la ralentit pour que vous puissiez vous occuper de vos blessures. Si vous choisissez de ne pas vous occuper de vos blessures, vous ne retrouverez pas la fluidité à laquelle vous aspirez.
Souffrance signifie blocage. Plus vous êtes convaincu de la fausse croyance qu’elle est indispensable, plus vous l’attirez et plus vous provoquerez des nouvelles blessures. 

« Heureux sont les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. » – Michel Audiard


Vous connaissez certainement cette phrase? Elle fait partie des phrases « bateau » dans le développement personnel. Je n’ai rien contre sa signification dans le sens où un brin de folie est bon pour un être humain, car on a tous besoin d’un peu de légèreté dans la vie. Cette phrase peut nous rappeler de ne pas prendre la vie trop au sérieux.

Là où je me permets de ne pas être en accord, est dans l’interprétation qu’elle reçoit trop souvent dans le développement personnel. Il faut être fière de ses cicatrices, il faut chérir ses blessures. C’est même bien d’avoir des blessures, plus que vous en avez, plus que vous pourrez avoir accès à la lumière, à votre vrai soi…

C’est du grand n’importe quoi. Ce n’est pas en perçant des trous dans votre bateau que vous allez avancer plus vite sur la rivière… Au mieux vous prendrez beaucoup de retard et au pire vous risquez de couler tout court. Le but de la vie n’est pas de chercher à percer des trous, le but de la vie est de vous rassembler le plus que possible. Oui, la souffrance interviendra de temps en temps dans votre parcours, mais uniquement pour vous montrer les trous, pour que vous puissiez continuer le voyage.

Votre accès à la fluidité de la vie dépend donc de la question si vous vous occupez de la cause de votre souffrance. Plus vous éliminez les causes de souffrance dans votre vie, plus vous pourrez vous laisser porter par le flux de la vie.

Pas besoin donc de vous sacrifier, de détruire tout ce que vous êtes, de « mourir » à vous-même, pour avoir accès à la lumière ou aux mystères de la vie. Aller chercher la destruction est aller à l’encontre de la vie, c’est une insulte à la vie. Vous mourrez déjà à la fin de votre vie, pas besoin d’aller précipiter les choses.

Quitter la souffrance pour avoir une relation durable avec le bonheur

La vie est un choix, vous choisissez de naître, de venir ici et de vivre. La plus belle chose que vous pourriez faire pour honorer ce cadeau et la meilleure manière pour vivre en harmonie avec votre âme est de célébrer la vie. C’est en étant heureux, quand on ressent du bonheur et quand on chemine avec plaisir qu’on s’approche le plus de l’unité, qu’on s’approche le plus de la source, de SA source de lumière. Le bonheur et l’harmonie sont les principaux composants du terreau qui vous permettra de grandir.

p1100757-600x338Et oui, si je vous écris aujourd’hui cet article, c’est parce que moi-même je cultivais le drame, la mélancolie et la souffrance en étant plus jeune. Jusqu’au moment où je me suis rendu compte que je coulais mon propre bateau. J’ai donc arrêté de cultiver la souffrance et je me suis occupée de mes trous (blessures) et grâce à ça mon bateau avance aujourd’hui à une belle vitesse.
Un choix que je n’ai jamais regretté parce que je n’ai jamais autant appris que ces dernières années, sur moi-même, sur la vie, sur le monde, sur des choses que je pensais au-delà de mes compétences. Le bonheur a donné un moteur très puissant à mon bateau qui fait que ma vie aujourd’hui est incroyablement riche et intéressante. 

Quand je suis en compagnie de mes amis et ma famille, je leur dis que je suis heureuse. Je n’ai même plus besoin de le dire, parce que je dégage le bonheur, je respire le bonheur. Je suis heureuse: heureuse dans ma vie, heureuse dans mon couple, heureuse avec moi-même, heureuse avec mes activités. Je ne ressens pas de honte du tout à raconter mon bonheur à mes proches, je n’ai pas peur de les blesser avec mon bonheur.

Et vous savez quoi? Ils aiment mon bonheur, mon bonheur flirte avec eux et leur donne envie d’aspirer au bonheur eux-mêmes. Mon bonheur leur motive à lâcher la souffrance. Ce dernier temps mon bonheur ne se contente même plus de rester uniquement à l’intérieur de moi, il a commencé à se diffuser autour de moi pour contaminer les autres. Et ça, ça me rend encore plus heureuse! C’était quoi encore la souffrance?

By | 2016-11-22T22:32:36+00:00 28 septembre 2015|Inspiration|0 Comments

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Tisseuse d'inspirations et de rêves, je crée des étincelles et connexions entre le monde intérieur et les perceptions extérieures, entre esprit, âme et corps. Les fils rouges de mon tapis multicolore sont le chemin du féminin sacré et la quête de l'harmonie avec comme principaux motifs l'émerveillement, la magie et la simplicité.

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