La maturité spirituelle

La maturité spirituelle

Cet article a pour intention de mettre la lumière sur les dynamiques qui peuvent nous empêcher ou, au contraire, permettre de devenir spirituellement adulte et les comportements qu’on peut avoir inconsciemment qui empêchent nos proches de devenir adulte. J’ajoute le mot « spirituellement », car sans maturité de l’esprit et de l’âme, sans maturité de conscience, on ne peut pas réellement être adulte, on ne peut que jouer à l’adulte.

Peut-être que vous êtes actuellement sur un chemin d’évolution et d’ouverture de conscience, vous entretenez une certaine pratique spirituelle et vous continuez à apprendre et à agrandir votre connaissance spirituelle via des stages et des lectures. Je vous félicite de cette écoute de votre âme et de l’énergie que vous mettez dans votre croissance et réalisation personnelle, mais je voudrais juste attirer votre attention sur une étape essentielle dans le chemin de chacun qui veut évoluer dans cette vie-ci et incarner son chemin de vie et c’est le fait de devenir spirituellement adulte.

L’intégration de la conscience

Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire par cela. Je vois régulièrement des gens qui souffrent d’une sorte de « boulimie de la conscience ». C’est à dire qu’ils s’efforcent à faire le maximum de stages, à lire autant qu’ils peuvent (et accessoirement pouvoir réciter un maximum de citations et auteurs connus dans le domaine spirituel par coeur) ou qui vont voir tous les maîtres et experts dans le domaine de la conscience dans une sorte de quête frénétique pour agrandir leurs connaissances spirituelles.
Il n’y a rien contre le fait d’agrandir ses connaissances, tant qu’on comprend que ce n’est pas comme ça qu’on gagne en maturité spirituelle. C’est important de prendre le temps d’intégrer de nouveaux concepts et connaissances, de prendre le temps pour les laisser descendre, les infuser dans la matière. Le résultat de la voracité de connaissances spirituelles est qu’elles restent non intégrées, non appliquées et non incarnées. Et dans ce cas, la connaissance ne sert strictement à rien, toutes ces perles spirituelles se réduisent alors à une nourriture temporaire qui permet au cerveau de s’évader, qui rassure le mental en lui disant que c’est bien ce qu’on fait. Pour qu’une prise de conscience puisse agir, elle a besoin de descendre dans la matière et de s’incarner.

C’est tout le travail qu’il y a à faire dans le monde actuellement, il y a besoin de laisser descendre des fréquences plus élevées dans la matière. En lieu de fuir la réalité et de passer son temps dans les royaumes de l’esprit ou sur d’autres plans en faisant des voyages astraux, il y a besoin de faire le voyage aller-retour, il y a besoin de ramener des idées, des concepts et des inventions qui vont permettre au monde d’évoluer, d’avancer et de les concrétiser. On ne s’est pas incarné pour échapper le monde dans lequel on vit, mais pour le transformer, comme on ne s’est pas incarné pour se couper de nous-mêmes, mais pour se transformer en incarnant un maximum de notre essence, en exprimant un maximum de notre âme dans tout ce qu’on fait.

Une personne qui a une maturité spirituelle est donc d’abord une personne qui ancre sa conscience dans la matière, cela veut dire qu’elle adapte sa vie quotidienne pour correspondre à ses valeurs spirituelles et qu’elle est vigilante d’avoir un parfait accord entre sa vie spirituelle et sa vie matérielle. Cela veut dire que sa vie matérielle EST la réflexion de sa vie spirituelle, donc simplement dite, elle fait ce qu’elle est.

Une personne qui est spirituellement adulte assume ses choix. Cela veut dire qu’elle sait que ce qui lui arrive dans la vie est la conséquence des choix qu’elle fait. Cette personne n’est pas « victime » de ce qui lui arrive, elle ne se plaint pas de toutes les mauvaises choses qui lui arrivent, car elle sait que chaque chose dans sa vie lui arrive pour une raison et qu’elle peut apprendre quelque chose de chaque expérience. Quand on a une maturité spirituelle, on n’essaie pas de trouver le coupable à l’extérieur de nous, dès que quelque chose de « mauvais » nous arrive, mais on essaie de trouver quelle(s) décision(s) nous ont menés jusqu’à cet endroit. Autrement dit, une personne qui a une maturité spirituelle assume la pleine responsabilité de sa vie.

Le rôle de l’entourage

L’entourage joue un rôle très important dans cette dynamique de responsabilisation. Notre entourage peut être un incroyable catalyseur et nous aider à devenir spirituellement adultes ou elle peut, souvent malgré elle, être un vrai frein dans notre processus d’évolution. Nous avons tous, à certains moments de la vie, l’impression que nous sommes « victimes » d’une certaine situation ou d’un comportement, nous avons tous déjà eu des moments où nous ressentons beaucoup de pitié pour nous-mêmes. C’est normal, nous sommes et restent des êtres humains, l’important dans ce cas est de voir qu’on rentre dans un rôle de victime, d’en sortir au plus vite et de ne pas se vautrer dans la souffrance qu’on s’inflige, car les personnes qui ont le plus de mal à arriver à l’âge adulte, sont des gens qui se profilent en tant que victime de la vie.

C’est là où l’entourage est crucial. Une victime de la vie a par exemple tendance à s’entourer de gens qui la renforcent dans son rôle de victime, ce qui ne l’aide pas à dépasser l’impasse dans laquelle elle s’est mise.

Notre entourage peut nous maintenir dans un rôle de victime de plusieurs façons. Tout d’abord, on peut faire partie d’un environnement toxique qui est constitué d’autres victimes. C’est là où nous avons besoin d’être lucides sur le genre d’environnement que nous avons créé. Si nous fréquentons des gens qui subissent la vie ou qui n’ont pas le courage d’effectuer les changements qu’ils ont besoin d’implémenter pour pouvoir avancer, nous n’allons pas être stimulés pour avancer non plus. Si on est entouré de gens qui ont peur de vivre, qui sont défaitistes, qui voient le danger plutôt que l’opportunité de chaque situation, une partie de cette peur va déteindre sur nous, qu’on le veuille ou pas.
Si vous prenez conscience que vous êtes dans cette situation et vous avez envie de casser une dynamique de procrastination ou de peur, d’avancer dans la vie et de réaliser vos projets, prenez de la distance de ces personnes. Cela peut impliquer que vous prenez littéralement de la distance en déménageant ou allant dans un autre endroit pour vous concentrer sur vos ressentis et vos envies en lieu d’être continuellement influencé par les gens autour de vous. Ou, vous pouvez prendre un « temps libre » de votre entourage habituel et expliquer à vos proches que vous avez besoin de prendre de la distance, car leur attitude, opinion, état d’être déteint sur vous, vous prend de l’énergie et vous avez besoin de toute votre concentration et énergie pour enclencher l’étape suivante dans votre évolution personnelle.

Prenez conscience que les gens autour de vous ne vous freinent pas intentionnellement, ça ne sert à rien de leur en vouloir. Pour beaucoup de gens, c’est difficile de sortir de leur cadre de référence et ils ne sont pas capables d’analyser la réalité autrement que depuis leur propre point de vue et depuis leur propre vécu. Avec tout l’amour qu’ils vous portent et toute la bienveillance du monde, ils peuvent alors vous dévier de notre chemin par incapacité de se mettre à votre place.

Cela nous mène à une autre façon dont notre entourage peut nous « garder petits » de façon non intentionnelle et inconsciente. Notre entourage peut systématiquement se brancher sur nos faiblesses, sur nos failles et avoir un réflexe de protection. Par amour, les gens qui nous entourent peuvent alors nous dissuader de prendre des risques, d’aller en dehors de notre zone de confort. De leur point de vue, ils nous protègent, ils sont de « bons amis » ou des « parents aimants » et leurs mots et actions partent dans 100% des cas de bonnes intentions et d’un incroyable amour pour nous, mais en agissant de la sorte, ils nous empêchent d’évoluer, d’apprendre et de prendre notre envol. On est alors réduit à un animal domestique, un petit oiseau dans une très belle cage dorée, mais une cage néanmoins.

C’est la façon la plus subtile pour limiter l’envol de quelqu’un et la plus difficile à détecter et à dénouer. Quelque part, inconsciemment ou consciemment nos proches peuvent nous voir comme un être fragile incapable de surmonter nos blessures ou nos obstacles et ils veulent tout simplement nous empêcher de tomber et de nous faire mal. Mais un enfant, n’apprend-il pas à connaître son corps, ses capacités et ses limites en tombant multiple fois? Cela ne l’empêche pas de survivre et de grandir, au contraire. Cette dynamique de la « limitation bienveillante » nous empêche de devenir adultes, cela nous maintient dans un rôle d’enfant qui a toujours quelqu’un dans l’entourage pour prendre soin de lui, pour faire pour lui ce qu’il n’est pas capable de faire et pour prendre ses décisions à sa place. Impossible d’être une personne assumée et responsable sans avoir le courage de voir ses obstacles ET de les adresser. Devenir adulte n’est pas se refermer ou se retirer dans son coquillage au moindre obstacle, mais pousser à travers les couches et les peaux qui nous limitent et empêchent de grandir.

S’entourer de personnes qui assument leurs choix et qui incarnent leurs idées nous aide à devenir plus indépendants et spirituellement adultes également. Assumer ses choix et sa vie veut dire être transparent par rapport à nos ressentis, nos pensées, nos croyances, nos intuitions. Quand on assume qui on est, on n’a pas besoin de cacher ce qu’on pense pour nos amis, notre famille, nos collègues ou qui que ce soit. On est transparent par rapport à notre vécu, nos valeurs, notre vérité et notre réalité, car une spiritualité assumée n’est pas quelque chose qu’on fait récréativement de temps en temps, ce n’est pas un passe-temps qu’on peut uniquement exercer dans certaines compagnies ou circonstances ni une profession qui se limite à des heures de bureau. C’est qui on est dans chaque instant de la vie.

Par contre, peu importe notre entourage, on ne peut pas mettre la responsabilité de notre échec ni de notre réussite chez les gens qui nous entourent. À nous d’ouvrir nos yeux et de comprendre à quel endroit les gens qui nous entourent se trouvent et de comprendre à quelle partie de notre être ils se branchent quand ils nous parlent, quand ils nous conseillent et quand ils nous voient. Est-ce qu’ils voient notre être divin, notre force, notre puissance ou est-ce qu’ils se branchent à nos failles, nos faiblesses, nos blessures et est-ce qu’ils basent l’opinion de nos capacités sur cela ? Est-ce qu’ils croient en nous, est-ce qu’ils nous stimulent d’aller plus loin, d’être notre vrai soi ou est-ce qu’ils préfèrent maîtriser la personne que nous sommes, comprendre notre trajectoire, est-ce qu’ils sont « gentils » avec nous en lieu d’être honnête ?

Arriver à une maturité spirituelle demande alors une grande lucidité sur qui on est et sur comment les personnes qui nous entourent nous voient et le courage d’affronter nos ombres et dépasser nos limites pour aller dans l’inconnu. Cela nous demande une foi inconditionnelle en nous-mêmes. Finalement, le choix avec lequel nous sommes tous présentés dans la vie est celui-ci : Est-ce qu’on choisit de rester dans notre zone de confort ou est-ce qu’on choisit d’évoluer?

By | 2017-04-23T20:13:46+00:00 23 avril 2017|Inspiration, Textes inspirants|0 Comments

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